lundi 21 août 2017

LE PAYS DES TEMPLIERS




Après Saint-Affrique, nous mettons cap à l'Est pour nous rapprocher de La Couvertoirade, le village des Templiers. Nous nous perdons une fois encore sur des petites routes désertes. Désertes, cela nous arrange bien car nous sommes suivis comme notre ombre par une petite yourte à roulettes "homemade by hand" et il n'est pas toujours facile de croiser pareil convoi sur ces chemins communaux. On choisit un cap puis c'est le paysage qui décide des détours pour nous faire découvrir de jolis villages hors du temps. Avec tout le charme de l'imprévu.














Ici entre causses et vallons, le mouton est roi même si le loup se permet parfois quelques crimes de lèse-majesté. Une brebis a été tuée, une autre blessée à Sainte-Eulalie-de-Cernon en début d'année. Les éleveurs accusent même le loup de 75 attaques en 6 mois. Une battue a été organisée en Mai dernier mais on n'a même pas vu la queue du loup... Quoiqu'il en soit, cette brebis sereine ne risque rien avec son camouflage chlorophyllien. "Comme je tendais l'oreille, j'entendis du bas de la vallée le hurlement d'une meute de loups. Les yeux du Comte s'allumèrent comme des braises et il dit : écoutez-les donc, ces enfants de la nuit. N'est-ce pas la plus belle des musiques?" (Bram Stoker - Dracula)








Les Templiers occupèrent le Larzac et La Couvertoirade du XIIe au XIVe siècle. Bâtisseurs, bons gestionnaires, ils surent rassembler les populations dispersées et faire fructifier les richesses agricoles, céréales et ovins principalement, ce qui leur permettait de soutenir l'effort de guerre de leurs frères partis aux croisades... En 1312, Philippe Le Bel abolit l'ordre des Templiers déclarés hérétiques. Ils furent remplacés par les Hospitaliers. 


















Derrière les vitraux de la Chapelle de La Couvertoirade, se dressent des croix discoïdales. Des stèles en souvenir des Templiers. 





Une énième averse nous surprend dans l'enceinte fortifiée de la Couvertoirade. 


Heureusement, le grand chaperon rouge a eu le temps de revêtir sa cape... Il échappe à l'averse mais attention aux loups qui rôdent près des brebis solitaires...


Nous laissons La Couvertoirade et ses remparts chargés d'histoire. Cap sur Millau.








A quelques encablures de Millau, nous ne rêvons pas, la brise du soir charge le ciel de gros nuages noirs. Y danse un ballet de grands rapaces, vautours-moines, vautours-fauves, gypaètes-barbus, difficiles à identifier: les danseurs sont trop loin pour le moment.


Presque aussi loin que le beau Viaduc de Millau...


J'essaie de me rappeler les réglages préconisés par Air Franz et Shikasta dans "Chasseurs d'Images" pour notre bridge Sony pendant que les danseurs semblent vouloir se rapprocher...





Ai-je bien choisi le mode DMF et une vitesse assez élevée pour figer ce premier danseur qui semble me regarder du coin de l'oeil?





Un second voltigeur passe à contre-jour. On dirait un B52 qui me laisse désarmé car l'oiseau n'attend pas que je change de réglages pour s'éloigner.





Un dernier danseur passe et ne "rapace" pas hélas, toujours à bonne distance, même si le fort recadrage laisse penser le contraire. La brise du soir enfle d'une force, les vautours reprennent de l'altitude et disparaissent au loin derrière le causse. Nous ferons mieux la prochaine fois.


Yesss, frileux je suis, mais je ne pensais jamais avoir à enfiler 2 sweats au coeur du mois d' août. Nous étions montés sur les Causses pour fuir la canicule en contrebas, nous avons été servis...


Nous allons passer notre dernière nuit à Millau. Et si on fêtait cette belle semaine à respirer le grand air sur les Causses, loin des foules estivales, avec un bon vin tonique au quinquina? 








Le lendemain, dernière halte du voyage à Ganges, à  50 km de la maison, le temps d'écrire cette "variation pour une feuille pourpre". 


Dernière photo du voyage. La docile cocotte derrière son grillage est plus facile à photographier que les rapaces du Causse de Millau. Elle s'étonne à peine de cette audacieuse empourprée venue défier sa crête. Ne vous approchez pas davantage, petite insolente, sous peine de souffrir d'un coup de bec... Dans une heure, nous serons at home.  Merci d' avoir suivi notre échappée-belle. Bises et à bientôt les amis. 


dimanche 20 août 2017

SAINT-AFFRIQUE

Les averses d'Albi nous suivent jusqu'à SAINT-AFFRIQUE. Août se prend pour Mars avec ses giboulées estivales. Le clapotis des eaux de la Sorgues nous réveille tôt le matin, le monde nous appartient... Cette charmante commune du sud-aveyron comptait 8260 saints-affricains en 2014, qui doivent leur nom à Affricanus, évêque du Comminges au VIe siècle. Ici, le temps semble arrêté. Les maisons qui surplombent la Sorgues, et les ponts qui l'enjambent ont un charme fou. La lumière prend les reflets du temps passé. Mon nouveau bridge Sony s'est mis au diapason des couleurs de l'autre siècle, en quête de fragments pastels, de parcelles de vie fugitives livrées à la curiosité du regard... Merci à tous les acteurs de cette page croisés au hasard de notre promenade.

































































Une averse un peu plus dense nous fait trouver refuge dans un café animé et bien sympathique: au Bar du Commerce, rue de la République en plein centre-ville, l'accueil, le wi-fi et les cafés allongés (qui nous mettent debout en 2 temps 3 mouvements) méritent largement 5 étoiles...


SAINT-AFFRIQUE est à moins de 150 km de la maison. C'est sûr, nous reviendrons ici voir couler les eaux fraîches et limpides de la Sorgues sous la grande arche du Pont Vieux...